Attention danger…

Au-delà du prétendu bouleversement du paysage politique provoqué par ce premier tour, et des illusions qu’il charrie, c’est une confirmation au contraire à laquelle on assiste. Celle de la césure, peut-être demain de la rupture, entre deux France amorcée en 1993 avec le vote sur Maastricht, renouvelée en 2005 sur le traité européen et désormais bien visible pour ceux qui veulent regarder : une France qui reste plutôt confiante et une autre qui se sent, se sait perdante face aux changements économiques, sociaux, technologiques. Il suffit pour le réaliser de regarder le score de l’extrême-droite dans la Nièvre, comme dans plupart de ses petites communes.

Cette coupure, que va symboliser le second tour, est précisément celle qu’il faut éviter.

C’est dire l’inquiétude que peuvent susciter les résultats de ce premier tour.

Faire de l’extrême-droite la seule force d’opposition, comme elle pourrait y prétendre le 7 mai, c’est en faire demain la force de l’alternance possible !

Il n’existe que deux manières de l’éviter.

La première c’est de mettre en place très vite une autre politique économique qui redonne sa chance à tous les Français et à tous les territoires : relance par l’investissement, retour d’une véritable politique d’aménagement du territoire qui appuie les départements en ayant le plus besoin afin de faire la démonstration concrète de notre refus de rompre l’unité française.

La seconde, c’est de fixer clairement le périmètre de la prochaine majorité présidentielle en l’ancrant à gauche. Profiter de la situation pour briser la gauche mesurée, celle qui aspire à gouverner, reviendrait à acter ce face à face avec l’extrême-droite et à préparer le succès de celle-ci.

Cela suppose sans doute que la gauche se renouvelle, se reforme, se réinvente. Voilà longtemps que j’annonce ce désastre et appelle à une rénovation en profondeur des vieux appareils et des programmes comme des pratiques.

Mais le dépassement du clivage droite/gauche est une illusion dont il est urgent pour ceux qui la théorisent de se défaire…

PS : Il va de soi que j’appelle naturellement à faire barrage à l’extrême-droite et donc à voter pour Emmanuel Macron.

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