Bref Hommage à Max-Pol Fouchet ( Clamecy 7/9/2013)

De tous les mérites que vous venez de
reconnaître à Max-Pol Fouchet, poète, historien de l'art, journaliste, et dont
témoigne cette exposition, il en manque un, néanmoins, que je dois m'empresser
de rappeler.

Sa biographie ne témoigne-t-elle pas qu'il
fut un grand professeur de topographie et à ce titre toujours à l'endroit où il
fallait, au moment où il le fallait ? N'est-il pas à Alger, dès avant la
guerre, si près de Camus son exact contemporain ? Dans  la Résistance, à peine celle-ci esquissée,
via la revue Fontaine ?  Ne fait-il pas,
au moment où partout s'éveillent les peuples colonisés, le tour de ce monde qui
s'éveille pour nous en montrer, y compris par la photo, les beautés ? Ne se
penche-t-il pas sur le berceau de la télévision naissante, l'ouvrant, aux côtés
de Dumayet et Desgraupes, à la littérature auxquels il consacra sa vie ? Et ne
choisit-il pas cette pierre précieuse qu'est Vézelay pour s'y installer,  y écrire… et y être inhumé face à la vallée
là même où Saint Bernard prêcha la deuxième croisade ?

Sur cette immense carte que compose une vie,
ainsi sut-il toujours clairement se situer : du côté du beau, du juste, et si
possible du vrai.

A cet égard, il fut un pédagogue, mission qui
ne se conçoit pas sans passion. Il jeta des ponts entre les sujets, les
disciplines, les publics et de ce point de vue servit notre cause commune : vivre,
vivre ouvert sur les autres, vivre avec appétit, avec curiosité… Avec le
recul, on s'étonne presque qu'une telle flamme puisse s'éteindre ! S'est-elle
vraiment éteinte alors que vous êtes là nombreux à fêter le centenaire de sa
naissance ?

En tout cas, je n'hésite pas à dire que nous
aurions, que nous avons, plus que jamais besoin de  lui ! Non pour combattre la misère
intellectuelle, la platitude et la démagogie médiatiques,  l'ignorance des êtres et des choses camouflée
derrière le démon de la notoriété. Mais seulement pour ne plus y prêter
attention, pour en être détournée par son enthousiasme ("créer, c'est
résister!"), sa langue, sa foi en l'homme, si riche.

Formons le vœu que nous n'ayons pas demain à
nous rappeler l'époque où il vécut avec   nostalgie : que l'intelligence et l'humilité,
l'élégance de pensée, le goût (et le respect) des idées retrouvent vite droit
de cité ! Que depuis Vézelay, via Clamecy et ses amis qui y sont aujourd'hui
réunis redescendent vers nous tous un esprit, presque un état d'esprit qui
fasse de la vie non un but  à atteindre
mais une existence à remplir ! 

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