Carnet de campagne

Lundi 15 mai.

7:30 C’est parti et je m’en réjouis.

Alors que la brume se lève doucement sur les Amognes je pense aux 67 réunions qui m’attendent.

La campagne est une fête. Parce que je campagne…. en campagne !

Aller à la rencontre des hommes et des femmes de la Nièvre, plus ou moins bien disposés, souvent accueillants, parfois hostiles, est un de ces petits bonheurs qu’offre la politique.

Etre élu, c’est aimer les gens. Il vaut mieux d’ailleurs vu le temps passé avec eux. Les écouter est un privilège et il ne faut rien manquer de ce qu’ils vous disent. Pourquoi ? Parce que c’est seulement en associant les morceaux de chaque conversation que se dessine le message que vos concitoyens ont choisi de vous adresser. Chacun, à sa manière, embarrassée où loquace, vous dit une part de la vérité qu’on cherche : ce que pense, ce que veut ce Pays qui ne se livrera jamais d’un bloc. Une campagne, c’est un puzzle que l’on reconstitue. Et dont on ne découvre malicieusement la nature qu’à la fin…

Diennes-Aubigny. Il est 9h. Le maire m’avait bien prévenu qu’il me faudrait arriver à l’heure. A 10h il doit assister à l’enterrement qui me privera de la visite de son église romane et de la découverte d’une charpente qui lui a valu son inscription aux Monuments Historiques.

  1. Carré est fier, à juste titre de sa commune qu’il entretient avec intelligence et méthode. Plus tard, M. Robert, à Anlezy me montrera une autre facette de la passion qui habite les maires de ces petites communes : l’anxiété de ne pas parvenir à boucler un budget déséquilibré par une charge d’emprunt que la baisse des dotations de l’Etat a rendu trop lourde. L’un et l’autre veillent sur une population qui prend de l’âge mais qui se bat pour maintenir ce qui existait avant elle : une église, une école, une équipe de foot, un commerce, une mémoire… Ambition peut-être méprisable pour ceux qui ne comprennent rien à notre France, à cette vielle République qui s’est faite en ajustant adroitement tous ces morceaux de vie qu’une espérance aujourd’hui presque évanouie pousse à la révolte électorale. Et à laquelle mon/notre devoir est de répondre.

Si le passage à Anlezy fut prolongé par un déjeuner amical au restaurant qu’a ouvert voici deux ans un couple que la cuisine italienne inspire pour le vrai bonheur du client (je recommande chaleureusement l’endroit), celui à Fertrève sera plus bref. Et si un peu plus tard le maire de St-Jean aux Amognes oubliera de m’accueillir, je le serai à Limon par les trilles d’un rossignol, ce qui me fera gagner au change. Entre temps une rencontre argumentée avec nos sapeurs pompiers qu’une absence de dialogue maintient dans la grève me permettra d’apprendre de mes interlocuteurs le nom du Premier ministre. Celui-ci se présente lui-même comme un homme de droite : les choses, enfin, sont plus claires.

Le retour dans la soirée par la route d’Ourouër et de Balleray jusqu’à Guérigny sera pure merveille, les collines ondulant sous un généreux soleil comme une main imitant les vagues… Inspiré, je rentrerai par Chaulgnes pour profiter de l’admirable vue qu’offre la route sur ce merveilleux village blotti au creux du vallon que je traverse avant de rejoindre La Charité et l’esplanade Pierre Barbier près du collège. Où je m’arrête comme presque chaque soir pour profiter du spectacle que donnent les deux clochers de l’église prieurale sur fond de Loire bleue. Mon blason !

 

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