Comment sauver la gauche ? En la débarrassant de ses vieux appareils …!

Gauches irréconciliables ? 

Mais celles d’hier l’étaient-elles moins qu’aujourd’hui ? 

Et les Jules Guesde, Marcel Déat ou Marceau Pivert  étaient-ils moins rugueux et avaient-ils moins de caractère que les Mélenchon ou Macron d’aujourd’hui ? 

La vérité est que la gauche a toujours été flanquée sur ses ailes d’une frange radicale et intransigeante et d’une fraction portée au compromis et que tout l’art de ses chefs a été de savoir les réunir.

Et c’est bien là qu’il faut chercher la source de nos problèmes actuels.

Ce rassemblement ne peut être en effet seulement une affaire d’habilité et la synthèse à construire se résumer à l’addition des propositions des uns et des autres.

Elle a toujours, au contraire, supposé pour réussir un processus de fusion intellectuel et politique capable de forger un alliage résistant au temps comme aux événements.

La synthèse que Jaurès sut établir entre marxistes et réformistes consistait en un projet original que sa générosité intellectuelle lui permit d’inventer en proposant sur chaque sujet une réponse associant rôle de l’Etat et du syndicat, patriotisme et pacifisme, méthode gradualiste et but révolutionnaire etc.

F. Mitterrand, pourtant moins porté au débat doctrinal, sut bâtir le programme capable de réunir Chevènement et Rocard et d’y associer presque malgré eux les communistes. En dépit des déconvenues, le processus amorcé dès 1971 fut même assez fort pour se reconstituer presque naturellement en 1997. Il contenait en effet suffisamment d’idéal et assez de réel pour que soient préservées  et la capacité de rassembler et celle de gouverner et pour que s’y retrouvent ainsi les partisans de l’un comme de l’autre.

Voilà donc ce qui a manqué ces dix dernières années. ! 

Le centre de gravité de la gauche s’est durant cette décennie délité au point même de donner le sentiment de tout céder à sa droite – moins d’ailleurs à travers les politiques conduites que via le choix des mots dont la brutalité (déchéance de la nationalité, liberté du travail, invitation à la jeunesse de devenir milliardaire) convainquit le pôle opposé qu’il ne trouverait plus de salut que dans la défense obstinée de son héritage. 

Ce ne sont donc pas les gauches qui sont devenues irréconciliables mais son centre qui a cessé, par sa médiocrité, son opportunisme, son mépris des idées,  de jouer le rôle qui lui incombe.

Au point d’exploser comme viennent d’en témoigner le renoncement de Hollande et la défaite de Valls, libérant les forces contraires de la gauche radicale et de la gauche libérale ….

L’enjeu est donc de reconstituer ce centre en re-fixant l’axe autour duquel pourra s’opérer cette nouvelle Synthèse.

Celui-ci s’est indiscutablement déplacé sur la gauche: les conséquences sociales de la crise de 2008 appellent à un retour de l’Etat que les menaces de la crise climatique rendent tout aussi nécessaire. Mais un État réformé autour d’une nouvelle définition de ses missions comme de ses méthodes, laissant plus de place à l’initiative de ses agents comme à l’implication des usagers, un État démocratisé via de nouvelles formes de participation faisant de la société civile son alliée contre le tout marchand et financier.

Cette nouvelle synthèse, impliquant aussi une nouvelle approche, écologique, du développement, c’est aujourd’hui à Benoit Hamon qu’il appartient de la réaliser. 

Parce qu’il est le candidat issu de la Primaire, comme il appartenait hier à Hollande de le faire en raison de sa position institutionnelle.

Il ne doit certes pas pour y réussir renoncer à ce qu’il est, sa campagne l’ayant même conduit à ouvrir d’intéressantes pistes nouvelles.

Mais il devra en revanche veiller à intégrer dans sa démarche suffisamment de réalisme pour ne pas se couper définitivement des plus sincères de sa frange la plus modérée.

C’est à cela que nous devons l’aider. 

Et là est le motif du soutien raisonné que j’ai choisi de lui apporter.

Si la gauche devait demain n’être représentée que par que Jean-Luc Mélenchon, s’en seraient finies de ses chances de gouverner. 

Et si elle devait se confondre avec le centrisme attrayant et mou de Macron, s’en serait finie de sa capacité à représenter des catégories populaires alors abandonnées au Front National.

J’invite du coup Hamon a tout faire pour prendre à son compte cette ambition, en dépassant sa propre ligne, mais aussi, en s’émancipant progressivement des vieux appareils qui le portent.

Pour permettre demain l’émergence d’un nouveau mouvement débarrassé de l’emprise de ces généraux blanchis sous le harnais des batailles intestines et auxquels incombent la responsabilité de l’étrange défaite, politique et morale, qui nous accable.

La gauche n’a plus que faire des Gamelin ou autres Weygand qui peuplent ses états-majors, ne savent conduire qu’à la débâcle mais qu’un Congrès classique demain remettrait en selle.

Ainsi plus le score d’Hamon sera élevé et plus alors pourront être créées les conditions d’une nouvelle synthèse et d’un rassemblement que des Assises de toutes les gauches, portées par un élan citoyen, pourraient permettre dès cette année de concrétiser. 

Et d’où pourrait surgir sur les ruines des vieux partis le nouveau mouvement de toutes les gauches, socialiste et écologique.

La gauche peut encore être sauvée…peut-être pas de la défaite ce printemps, mais de la disparition. A bon entendeur….

2 réflexions sur « Comment sauver la gauche ? En la débarrassant de ses vieux appareils …! »

    Bonjour !
    Il faudrait d’urgence transmettre ça à B. Delanoë et à tant d’autres caciques qui n’ont de cesse de savonner la planche de B. Hamon en ne lui laissant aucune chance ! Exiger qu’il fasse d’abord la conquête d’appuis au PS est un non sens. Elu démocratiquement et légitimé par cette primaire, il devient le candidat officiel du part et à ce titre devrait être soutenu (pas seulement toléré du bout des lèvres) pat tous les membres du parti ! En particulier par ceux qui étaient candidats à cette primaire ! Mais aussi par tous les élus PS !
    Les exigences exprimées par certains reviennent à vouloir obliger le gagnant à faire allégeance aux perdants ! C’est un peu comme nier sa légitimité ! Que certains soient déçus de voir leur candidat battu peut se comprendre, mais de là à savonner la planche c’est inadmissible. Nul n’est bien sûr tenu de rester dans un parti s’il n’est plus « en phase », mais il doit dans ce cas le faire en respectant une simple déontologie qui devrait s’imposer : Quitter sainement le parti en rendant sa casquette ou son tablier, c’est-à-dire en abandonnant immédiatement son mandat acquis sous la bannière du Parti ! Garder cette casquette PS et aller « marcher ailleurs » ou prêcher dans une autre chapelle c’est de L’ESCROQUERIE ! Et ceux qui s’adonnent à cette pratique sont des ESCROCS !

    Bonsoir !
    L’effarante prise de position de B. Delanoë après celle de J.M. Le Guen et tant d’autres attitudes scabreuses et/ou honteuses de membres éminents du PS m’amènent à ce triste constat :
    Plus on avance dans le déroulement de cette campagne, plus j’ai l’impression que les caciques du PS et en 1er lieu sans doute F. Hollande nous ont menés en bateau en organisant de fait une partie de bonneteau pour la désignation de notre candidat.
    Il est clair que l’option finale Macron est le résultat d’un stratagème certes techniquement, stratégiquement et psychologiquement bien imaginé et le lancement et la mise sur orbite de ce satellite inattendu pour le peuple de gauche est une belle réussite technique du clan conservateur du PS.
    Les primaires n’étaient donc -probablement dès le début- qu’un écran de fumée pour masquer les déplacements des bataillons sur le champ de bataille !
    Il n’en reste pas moins que cette lessive Macron lancée sur une mystification, s’élaborant sur des mensonges et des trahisons, des reniements et des parjures entérinant sans états d’âme la mort du PS ne laisse pas augurer d’une fulgurante félicité  pour ce candidat intronisé par les larrons de cette foire lamentable !
    F. Hollande sera à jamais référencé comme le fossoyeur du P.S. et de la Gauche !
    P.S. : Je vais vomir !

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