Débat sur la fin de vie : Gaëtan Gorce répond à Jean Leonetti

D'accord pour un débat, mais avant la présidentielle et en le préparant bien

J'ai toujours exprimé ma conviction que le débat sur la fin de vie n'a pas été clos par l'adoption de la loi du 22 avril 2005. J'ai par ailleurs toujours été favorable à une évolution progressive de notre législation. Pour autant, il n'est pas possible de considérer que l'attitude du médecin de Bayonne rentre dans le cadre de ce qu'il est possible d'accepter, dans la mesure où le consentement des patients et la collégialité doivent toujours constituer un impératif absolu.

En revanche, à la différence de Jean Leonetti, je considère que la grande discussion publique sur l'euthanasie qu'il propose doit être engagée avant la présidentielle car ce sont les français eux-mêmes qui doivent être invités à le trancher. Je fais la proposition que ce débat soit  préparé par un groupe de travail composé de représentants de toutes tendances pour déterminer les grands thèmes d'une discussion et éviter qu'elle ne se transforme en polémique partisane.

J'avais regretté que cette question de la fin de vie ne soit pas évoquée  dans les forums qui avaient précédé la loi bioéthique, c'est cette occasion qui a été perdue par le ministre de la santé de l'époque qu'il faut aujourd'hui rattraper.

Elle permettra en particulier d'assurer une large information sur la loi du 22 avril 2005 et que les différents gouvernements successifs n'ont pas eu le courage d'assumer.Il est regrettable que le ministère de la santé ne fasse pas plus d'efforts  pour faire connaître une loi votéé à l'unanimité, ce qui permettrait aussi d'éviter des malentendus et des drames comme celui que l'on vient de connaître.

Gaëtan Gorce, député de la Nièvre,
Ancien président de la commission spéciale chargée d'examiner la proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie.

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