Discours d’Ouverture du Festival du mot – mercredi 27 mai.

Comme chaque année, je me suis plié à l'exercice du discours d'ouverture du Festival du Mot, ce mercredi au cœur du prieuré sous un soleil printanier….

  

Amis, souffrez qu'en la Cité l'ancien édile

d'avec le Festival vienne vous conter l'idylle

En empruntant au Cid du bien plaisant Corneille

La manière de complaire à vos chastes oreilles.

Ainsi est-ce en alexandrins que sera racontée

La belle histoire du mot et de La Charité.

 

D'un festival du mot j'avais rêvé un soir

L'image de ma ville pensant ainsi asseoir.

Fort d'une si grande idée, c'est en pétitionnaire

Que je sondais en vain le roi des dictionnaires

 

Aussitôt qu'Alain Ray se fut décommandé

Une troupe d'amis sûrs par lui recommandée

Vint se choisir pour maître Marc Lecarpentier

Journalis-te  disert et ci-devant rentier

 

Le choix fut judicieux et la fête bientôt prête

Ce siècle avait quatre ans qu'elle y passa la tête

Portant sur le visage une bien mâle assurance

Marc se mît bientôt en grande état de transe

Et s'il partit au front sans le moindre trésor

C'est un petit budget qui l'attendait au port.

 

Unis par un projet qui nous tenait à cœur

Certains que du combat nous sortirions vainqueurs

De rares argentiers nous obtînmes l'appui

Et de talents certains autour de Lucchini.

C'est qu'à nous voir si sûrs de nos talents précoces

Bientôt même la Poste vint se joindre à la noce

Centre-France à son tour nous fit l'honneur insigne

À notre rendez-vous d'accorder quelques lignes

Et puis bientôt Dumange amoureux de l'ovale

Entra dans la mêlée dropa le Festival

Et c'est à coup d'essai qu'on fit le coup de maître

 

D'autres se tinrent cois préférant ignorer -1

Combien notre succès eut pu les honorer.

Auquel le Charitois ne voulut faire écho

Autrement qu'en page 13 et jamais en bien gros

Si Beaucoup furent prodigues et Bourgogne plus encore

La Nièvre bien aimée fut chiche de son or.

Mais rien ne put freiner l'ardeur de notre troupe

À qui dix ans suffirent à prendre la chance en croupe.

 

Gloire à ceux et celles qui dès les premiers jours

Firent du festival un bien plaisant séjour

De Gelluck à Mesguich d'Ascaride à Sempé

Tous embrasèrent la scène d'un talent bien trempé

De Bedos à Morel, de Fossay à Roca

Du piano à Zygel au sourire d'Obaldia

Ô combien d’émotions, combien d’exploits célèbres

Valurent à la syntaxe de surpasser l'algèbre

Et aux verts mots de prendre sur les nombres

Un succès mérité qui les sortit de l'ombre.

Car les chiffres en ce lieu ne sont que nombre d'eux-mêmes

L'addition est suspecte et le calcul blasphème.

Et si le conte est bon, c'est qu'il est une fable.

Et si l'on parle d'or, c'est pour passer à table.

Que la bouche des héros servent aux mots de pinacles

Et sache les réunir en un puissant cénacle

Où poètes, écrivains, orateurs comme lettrés,

S'empareront du Robert, s'arracheront le Littré

 

Gloire à ceux et celles qui furent les artisans

D'un succès mérité qui ne prit que dix ans

Qu'à La discrète Monique louanges soient tressés

D'avoir de son Marc l'humeur sut déstresser

Qu'à l'altière Aurélie, à l'austère Valérie

Qu'à tous les bénévoles et à leurs égéries

Grace soit rendue pour nous avoir amené

Aux portes de l'autel, au lieu de l'hyménée !

Pour la onzième fois, le mariage aura lieu

Les mots sont accouplés, je n'en crois pas mes yeux.

 

Oui, c'est en vers et contre tous

que j'ai choisi ce soir de m'adresser à vous(se)

J'aurai pu me livrer à ses facilités

Qu'offrent aux mauvais esprits toute l'actualité

Parler de l'injonction faite au grec Tsipras :

Et qui y répondit avec autant de grâce :

Partez ! Non !

Moquer le Président aux succès si fugaces

Qui passé sa veste des ides de Mars

Cherche à garder son Panthéon.

J'eus pu en deux mots faire aussi l'homme de lettre

Et par À +B prouver que j'eus pu l'être.

Mais c'est sur un hommage que je voudrais partir

Et des frères de Charlie saluer le martyr.

À vous Charb, Cabu, deux mots héros de votre temps

Il ne sera pas dit que votre combat cessera faute de combattants.

 

Mais je me suis la-C de tous ces procé-D

Adieu donc il est temps de conclure

En souhaitant longue vie à cette belle aventure

À vous comte de l'Oulipo, deux mots, il est bien temps

Il ne sera pas dit que le combat cessera faute de combattants.

 

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