Donner un nouveau souffle à la 5ème République.

Nos Institutions ont mauvaise presse : dans un pays qui aime tant les bouleverser, celles mises en place par le Général de Gaulle auraient-elles trop duré ?

Ma conviction est que l’on fait à la Constitution du 4 octobre 1958 un mauvais procès. Et qu’on lui fait porter une responsabilité qui incombe d’abord aux dirigeants politiques qui, en s’éloignant de son esprit, l’ont affaiblie et corrodée.

Son dispositif reposait sur un fondement : le rapport direct du Président avec le peuple. Du jour où le chef de l’Etat a cessé de considérer que sa légitimité était en jeu à chaque vote populaire (législatives et référendum), l’ensemble s’est déséquilibré. Élu directement par les Français, le Président n’est plus exposé à aucun contre-pouvoir depuis qu’il a décidé de ne plus mettre en jeu sa fonction autrement que tous les sept puis cinq ans.

A cette dérive s’en est ajoutée une autre : conçue pour permettre une politique « héroïque », la fonction présidentielle perd son autorité, et d’abord morale, dès lors que son titulaire n’est plus animé que par de petites ambitions. La 5ème République a été conçue pour aider à concrétiser la vision d’une France grande et forte, pas d’un pays modeste discutant boutique avec ses voisins européens.

Passer à la 6ème reviendrait donc à faire payer à cette Constitution un prix trop élevé. L’attitude du Ps ou des Républicains, des Verts ou de l’Udi nous donnerait-elle la nostalgie du régime des partis ? Ce serait curieux et préoccupant. C’est pourtant ce à quoi l’on en reviendrait si l’on privait l’Etat du rôle stabilisateur que joue encore son chef.

L’enjeu est ailleurs : il est de « graisser » des rouages qui commencent à rouiller faute d’avoir été entretenus et modernisés : renforcement plus conséquent du rôle du Parlement, septennat non renouvelable etc.

Ce sont ces options que décrit le rapport joint que j’ai rédigé à la demande de mon groupe et sur lequel un consensus n’a pu s’établir.

Mais il s’efforce de dégager une autre voie que celles, radicales, généralement suggérées et qui me semblent plus en phase avec les attentes de nos concitoyens qui n’attendent pas plus d’une telle réforme que ce qu’elle peut donner : rendre plus efficace notre démocratie. Restera à réformer notre économie, notre société…

 rapport-institutions-03-06-16

Laisser un commentaire