« Regarder la vérité en face »; « le courage politique (…) renvoie aux exigences du réel »
De telles formules sont ambiguës. Elles sont du reste souvent utilisées par les « conservateurs du système » qui nient que « d’autres issues sont possibles ».
En effet, tenir compte du réel n’interdit nullement de chercher à le transformer. Le propre de l’homme est d’ailleurs qu’il ne s’adapte pas au monde, contrairement à l’animal, mais qu’il adapte le monde à ses besoins et à ses désirs.
Ceux qui invoquent sans cesse « les exigences du réel » confondent généralement le réel et le possible et présupposent que ce qui n’est pas réel est impossible. Ils raisonnent généralement ainsi : des politiques alternatives à celles -malheureusement bien réelles- appliquées successivement par la droite et la gauche n’ont été mises en oeuvre nulle part, donc de telles politiques sont « irréalistes ». Autre faute de raisonnement: la mondialisation est un fait; il faut donc s’y adapter. Mais c’est oublier qu’elle a été voulue et organisée et que ce que nous avons fait peut être défait.