SOS …Pour un Grenelle de la gauche

Lettre au Président de la République,

 Monsieur le Président,

 

Au lendemain des primaires de la droite, la rumeur de votre candidature ne cesse d’enfler. 

Or, vous savez, comme moi, que vous ne pouvez faire le choix de vous représenter. 

Loin de rassembler, votre candidature aurait pour conséquence inéluctable d’accentuer les tensions internes à une gauche que votre politique a déchirée.

Alors qu’en annonçant votre retrait vous vous placeriez en surplomb et occuperiez ainsi la seule position susceptible de permettre de dégager une issue.

Vous retirer ne signifierait ainsi nullement vous résigner à la victoire de la droite comme de  l’extrême-droite mais contribuerait au contraire à créer les conditions d’un choc et d’un sursaut.

Vous pourriez en effet prendre appui sur la force et la noblesse de votre effacement volontaire pour inviter tous les prétendants à votre succession à se retrouver autour de vous.

C’est à un Grenelle de la Gauche que vous pourriez alors appeler !

Mettre chaque candidat potentiel, y compris Emmanuel Macron, devant ses responsabilités, les faire tous s’assoir à une même table, pour tenter de les accorder est aujourd’hui la seule façon de répondre à la menace que représentent, chacune à leur manière, la droite et l’extrême-droite.

Vous m’objecterez que le poids des égos comme les différences marquées entre les programmes affichés rendront ce consensus impensable.

Outre la pression de l’opinion, celui-ci pourrait pourtant être obtenue en convenant d’un nouveau « programme commun » qui donnerait son ciment à l’accord obtenu.

Cela pourra prendre du temps mais un week-end d’un travail acharné sous votre autorité devrait permettre d’y parvenir.

En cas de succès, vous apparaîtriez comme l’homme qui aura su à la fois respecter son engagement (celui de ne pas vous représenter le chômage n’ayant pas baissé significativement) et sauver la gauche d’un désastre annoncé.

Un échec n’aurait d’autre conséquence que de démontrer que rien ne pouvait faire échapper une gauche folle à son destin, dont vous auriez été aussi la victime si vous aviez choisi un autre chemin que le retrait. 

Rien n’est jamais perdu et comme aimait à le dire Léon Blum : le pire n’est jamais sûr.

Compter sur la sagesse des dirigeants de la gauche peut paraître paradoxal après ces cinq années pour le moins curieuses et contrastées.

Mais en rapportant cette tentative à la folie que constituerait la fuite en avant vers une catastrophe annoncée, l’issue s’impose d’elle-même pour autant que vous, le premier,  mettiez de côté cet « ego » que chacun ne pense qu’à entretenir au risque d’entraîner toute la gauche dans une irrésistible descente aux enfers.

Dans l’attente de votre réponse au pays, je vous prie de croire, M. le Président de la République, à l’assurance de ma très haute considération.

 

Gaëtan Gorce 

Sénateur de la Nievre. 

Laisser un commentaire